CIE et le pass vaccinal.

Difficile de vivre une journée de l’été 2021 sans entendre ou vivre une histoire de dispute autour de la question de la vaccination au covid19. Le vaccin est-il dangereux ? Est-il efficace ? Le passe sanitaire est-il légitime ? Et si le débat de fond n’était pas là ?

La majorité parlementaire et le gouvernement (tout comme l’OMC) ont jusqu’alors mis de côté l’idée d’une levée des brevets sur les vaccins. Il ne fait pourtant aucun doute qu’une telle résolution adoptée par l’Assemblée aurait eu un impact considérable sur la capacité du pays à vacciner massivement et sur le coût de cette politique. Au niveau mondial, se positionner pour la levée des brevets c’est se donner les meilleurs moyens de lutter contre la multitude de variants. Prétendre le contraire serait un nouvel aveu claire que la loi du marché et la non-intervention de l’État (règles qui régissent notre économie depuis l’avènement du néolibéralisme dans les années 80) demeurent plus importante que l’accès à la santé.

Dans ce contexte, le passe sanitaire revêt certes un caractère autoritaire mais qui est mis au service d’un système dans lequel la santé demeure un marché économique juteux pour les groupes pharmaceutiques. A cette mesure, nous aurions pu préférer un véritable accompagnement  des citoyennes et citoyens grâce à une augmentation massive du budget de la santé (recrutement, formations, proximité de lieux de santé, nombre de lits en réanimation).

En somme, quelque chose qui aurait pu rassembler plutôt qu’opposer. Car oui, plutôt que de favoriser la prise en charge des populations à risque, le gouvernement a préféré la menace. Celle-ci n’étant que partiellement efficace car bien des publics (toujours les plus fragiles), ne voient guère d’intérêt à la vaccination compte tenu du fait qu’ils ne vont ni au restaurant ni dans les lieux culturels. Plus grave encore est la centralisation du dispositif de santé sur le smartphone, non-sens écologique et social.

Finalement, ce gouvernement comme les précédents sont coupables des politiques d’austérité qui ont affaibli l’hôpital et nous ont plongé dans une situation précaire. Biberonnés au néolibéralisme, ses membres sont incapables de concevoir leur responsabilité et préfèrent montrer du doigt ceux qui refusent de suivre leurs directives, que l’on doit percevoir comme relevant du bon sens le plus élémentaire.

Cela tombe bien, le dernier rapport du GIEC, les inquiétudes concernant le ralentissement de l’AMOC, les rapports de l’IPBES sur les pandémies que nous serons amenés à vivre du fait de la destruction écologique sont tous clairs sur ce qu’il nous faut faire. Alors, on le change ce système ?

NOVAK Floyd.

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